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Articles techniques
  • 12.06.2026

Le stress thermique affecte sensiblement les chèvres laitières

La hausse des températures exerce également une pression croissante sur les chèvres laitières. De nouvelles études montrent clairement que le stress thermique modifie leur comportement alimentaire, réduit leur consommation de fourrages de base et a un impact sur leur production laitière et la composition du lait. Les éleveurs de chèvres peuvent toutefois prendre des mesures ciblées en matière d'alimentation et de gestion pour lutter efficacement contre ce phénomène.

Les chèvres sont certes considérées comme des animaux adaptables, mais la chaleur les affecte également. Les symptômes physiologiques typiques sont une augmentation de la température corporelle et de la fréquence respiratoire ; dans les cas extrêmes, les animaux commencent même à haleter. Leur comportement change également : les chèvres bougent moins, restent plus souvent debout qu'allongées et recherchent davantage les endroits ombragés. Leurs besoins en eau augmentent considérablement, c'est pourquoi un approvisionnement illimité en eau est particulièrement important pendant les journées chaudes. Dans ce contexte, il va de soi que la chaleur influence également la consommation alimentaire et la production de lait.

Le cerveau adapte la consommation alimentaire
Une expérience récente menée avec un troupeau de chèvres Saanen démontre clairement ce lien. La consommation alimentaire, la production laitière et les composants du lait ont été enregistrés, puis mis en relation avec l'indice de température et d'humidité (THI). Le THI combine la température et l'humidité de l'air et constitue une mesure éprouvée pour évaluer le stress thermique.

L'évaluation a clairement montré que l'ingestion de fourrages de base diminuait à mesure que le THI augmentait. La raison réside dans la physiologie des animaux : lorsqu'il fait chaud, le centre de l'appétit situé dans le diencéphale réduit la consommation alimentaire afin de limiter la production de chaleur issue de la digestion et de soulager l'organisme. Comme le fourrage de base structuré génère plus de chaleur digestive que les aliments concentrés faciles à digérer, les chèvres préfèrent intuitivement les aliments concentrés lorsqu'il fait chaud.

Dans cet essai, les animaux ayant libre accès aux aliments concentrés ont complètement compensé la réduction de la consommation d'aliments de base par une consommation accrue d'aliments concentrés. La part d'aliments concentrés dans la consommation alimentaire totale était alors supérieure à 40 %. Cela a toutefois augmenté le risque d'acidose ruminale, qui s'est traduit par un rapport matière grasse/protéine dans le lait, comme prévu, en dessous de la valeur critique de 1. Lorsque la quantité d'aliments concentrés a été limitée, la consommation alimentaire totale a diminué avec l'augmentation du THI, mais le quotient matière grasse/protéine est resté plus longtemps dans la zone non critique.

La chaleur influence le lait
La chaleur a également eu un impact significatif sur la production de lait. Avec l'augmentation du THI, la teneur en matières grasses et en protéines du lait a diminué. Cela s'explique notamment par la baisse de la production d'acide acétique dans le rumen due à la réduction de la consommation de fourrage de base. De plus, les chèvres soumises à un stress thermique ont besoin de jusqu'à 30 % de l'énergie consommée pour la thermorégulation, énergie qui n'est donc plus disponible pour la production de lait.

Un autre résultat a été surprenant : dans l'expérience, la quantité de lait a même légèrement augmenté avec l'augmentation du THI. Une analyse plus approfondie a toutefois montré que la teneur en lactose diminuait simultanément. Comme le lactose contrôle de manière significative l'afflux osmotique d'eau dans la mamelle, l'organisme compense cela par une concentration plus élevée de sels inorganiques tels que le NaCl, qui compensent l'effet osmotique du lactose et permettent ainsi une production laitière constante. La production laitière apparemment plus élevée était donc principalement due à la modification de la composition du lait et non à une amélioration des performances.

Soutenir les chèvres en été
Les résultats de l'essai permettent de formuler des recommandations claires sur la manière de soutenir les chèvres laitières en été :

  • Assurer de l'ombre et du frais 
    Lorsqu'il fait chaud, les chèvres recherchent activement des zones ombragées et plus fraîches. La ventilation, les systèmes de refroidissement et les toits bien isolés réduisent considérablement le stress.

  • Fournir suffisamment d'eau
    Les besoins en eau augmentent considérablement lorsqu'il fait chaud. Il est indispensable de garantir un accès permanent à de l'eau propre.

  • Prévoir les repas pendant les heures les plus fraîches
    Les repas du matin et du soir augmentent l'appétit et soulagent le métabolisme.

  • Augmenter l'apport en minéraux
     Le stress thermique augmente la perte de minéraux par le lait. Un apport adapté en minéraux et en sel ainsi que des boissons électrolytiques peuvent être utiles. 

  • Vérifier la ration
     Une alimentation de base de haute qualité et facile à digérer ainsi que des additifs alimentaires tels que les postbiotiques stabilisent la consommation alimentaire et le pH du rumen. En cas de rations pauvres en fibres, utiliser si nécessaire des tampons ruminaux.

La gestion du stress thermique comme facteur de réussite
Le stress thermique influence considérablement le comportement, la consommation alimentaire et la composition du lait des chèvres. La situation devient particulièrement critique lorsque la ration est riche en aliments concentrés et que la consommation de fourrages de base diminue. En adaptant de manière ciblée l'élevage et l'alimentation, il est possible de réduire les risques pour la santé tels que l'acidose ruminale et de limiter les pertes de rendement. Compte tenu de la fréquence croissante des périodes de chaleur, une gestion adaptée à la chaleur devient également dans notre pays un facteur de réussite essentiel dans l'élevage caprin laitier.

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